Le compte épargne, livret par livret

épargne

Un compte épargne sert à mettre de l'argent de côté en le laissant disponible. Ce n'est pas un placement de rendement : c'est une réserve. La confusion entre les deux est la source de la plupart des déceptions, un livret protège d'un imprévu, il n'enrichit pas.

Les livrets réglementés

Le Livret A est le plus répandu : ouvert à tous, un seul par personne, exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, plafonné à 22 950 euros de versements. Les intérêts se calculent par quinzaine, d'où la règle pratique : déposer avant le 15 ou le dernier jour du mois, retirer juste après.

Le Livret de développement durable et solidaire fonctionne selon des règles proches, avec un plafond inférieur et le même régime fiscal. Le Livret d'épargne populaire, réservé sous condition de revenu fiscal de référence, est le seul dont le taux dépasse nettement les autres : quand on y a droit, il passe avant tout le reste. Le Livret jeune, réservé aux 12-25 ans, offre un taux au moins égal à celui du Livret A sur un plafond modeste.

Les taux du Livret A et du LDDS sont fixés par les pouvoirs publics à partir d'une formule tenant compte de l'inflation et des taux interbancaires, et révisés en principe 2 fois par an. Ils ont beaucoup varié ces dernières années, et une règle demeure : sur longue période, ces livrets protègent mal du recul du pouvoir d'achat.

taux et croissance de l'épargne

Les produits bancaires non réglementés

Le livret bancaire, ou super-livret, est libre : la banque fixe le taux, le plafond et les conditions. Les taux d'appel élevés ne durent que quelques mois et retombent ensuite ; surtout, les intérêts sont fiscalisés, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % ou au barème sur option. Un taux brut de 3 % ne laisse donc que 2,1 % net.

Le compte à terme bloque une somme pour une durée convenue en échange d'un taux garanti. Il convient à une somme dont on connaît la date d'emploi ; en sortir avant terme coûte une partie des intérêts.

Combien y mettre

La règle la plus répandue chez les conseillers est de conserver en épargne de précaution 3 à 6 mois de dépenses courantes, davantage pour un indépendant ou un revenu irrégulier. Cette somme a vocation à rester sur des livrets, disponibles et sans risque de perte en capital.

Au-delà, laisser des sommes importantes sur un livret a un coût d'opportunité réel. L'assurance vie en fonds euros, le plan d'épargne en actions ou l'immobilier répondent à des horizons plus longs, avec des règles et des risques différents. Aucun de ces produits n'est comparable à un livret, et le point de bascule dépend de l'horizon de la somme, pas de son montant.

Quelques points pratiques

Un seul Livret A par personne : le cumul est détecté et sanctionné. Le plafond porte sur les versements, pas sur le solde, les intérêts capitalisés peuvent le dépasser. Les livrets réglementés sont ouverts dans n'importe quel établissement, et transférables uniquement par clôture et réouverture, ce qui fait perdre les intérêts de la quinzaine en cours.

Enfin, les sommes déposées sont couvertes par la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement ; les livrets réglementés bénéficient en outre d'une garantie de l'État. Cette information est rarement mise en avant et elle explique pourquoi ces produits restent le socle de l'épargne des ménages français.

Plus de ressources